Mathieu Wehrung, caviste : « Rester ouvert c’est une question de survie ».

Les cavistes ont été laissez libres d’ouvrir leurs magasins en ces temps de confinements. Le vin a, de fait été, considéré comme un produit de première nécessité. Mathieu Werhung, caviste parisien spécialisé dans vins étrangers nous explique comment il gère cette crise.

QUE FAISAIS-TU AVANT DE TE LANCER EN TANT QUE CAVISTE ?

J’ai fait toute ma précédente carrière dans la finance d’entreprise, j’étais directeur de la trésorerie d’un grand groupe de location de voitures. Au moment de me reconvertir, j’ai pensé au vin, car cela avait toujours été un centre d’intérêt marqué.

ET POURQUOI LES VINS ÉTRANGERS ?

J’ai toujours regretté que les vins étrangers soient si peu et si mal représentés en France, et j’ai voulu tenter d’y remédier en ouvrant un caviste qui leur serait intégralement dédié. Cela s’appelle ‘Soif d’ailleurs’, et le magasin se trouve depuis juin 2014 au 38 rue Pastourelle dans le 3e arrondissement de Paris.

LORSQUE LE GOUVERNEMENT A AUTORISE LES CAVISTES A OUVRIR, AS-TU ÉTÉ SURPRIS ?

Ça m’a semblé une évidence. D’abord parce que le vin c’est un peu comme une solution hydroalcoolique à usage interne. C’est un aliment qui fait partie du quotidien des Français.

AS-TU HÉSITÉ LONGTEMPS AVANT DE PRENDRE LA DÉCISION DE RESTER OUVERT ?

Là encore c’était une évidence. Le maigre chiffre d’affaite qu’on fait, c’est mieux que rien.

CA DÉPEND, IL FAUT PAYER LES EMPLOYÉS, L’ELECTRICITÉ, LES EMPLOYÉS…

J’ai tout de suite mis mes deux employés en chômage partiel. Je ne pouvais ma me permettre de les faire travailler. Comme tous les commerçants, nous avons abordé l’année 2020 dans une situation fragilisée, entre les manifestations des gilets jaunes, la grève des transports, puis cette épidémie qui s’abat sur le monde. Rester ouvert c’est aussi une question de survie.

EST-CE QUE CA A ÉTÉ FACILE DE RECOURIR AU CHÔMAGE PARTIEL ?

Je ne dirais pas que ça été facile. Les portails du gouvernement ont été engorgés et n’étaient pas adaptés au trafic. Mais ça été possible.

TU AS AUSSI UNE CLIENTE LE D’ENTREPRISES OU D’ÉCOLES, EST-CE QUE TU PEUX ENCORE COMPTER DESSUS, AU MOINS EN PARTIE ?

Non car ils n’ont pas le droit de se déplacer. Donc je ne peux plus compter que sur ma clientèle de quartier, amoindrie de ceux qui ont quitté Paris avant le confinement. Il n’y a plus d’étrangers non plus, mais de toute façon ils venaient peu au magasin. A Paris les touristes recherchent plutôt des vins français.

ET EST-CE QUE TU T’EN SORS ?

Je fais en moyenne 200 à 300 euros par jour, ce qui est bien loin de mon chiffre d’affaires habituel, mais c’est déjà ça.

EST-CE QUE TU COMPTES PROFITER DES AUTRES FACILITES OFFERTES PAR LE GOUVERNEMENT COMME LES PRÊTS GARANTIS ?

Je ne vois pas comment je peux me permettre d’augmenter mon endettement… Il nous faut des aides, pas des reports de paiement ou ces prêts. Les commerçants auront besoin d’aides s’ils veulent s’en sortir.

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